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Des prêts frauduleux

Madame, Monsieur,

Je tiens à vous faire part d’une escroquerie dont j’ai malheureusement été victime. Je veux que tous sachent combien il est facile d’être la proie des escrocs. Je veux que vous sachiez que j’éprouve beaucoup de difficulté à vous écrire à ce sujet, car jamais je n’aurais pensé que je pourrais devenir une de ces victimes naïves et impressionnables dont on entend constamment parler dans les journaux. Mais je pense que les statistiques ne mentent pas; votre niveau de scolarité importe peu, puisque, si vous peinez à joindre les deux bouts, vous ferez n’importe quoi pour gagner plus d’argent.

Il y a environ huit mois, j’ai demandé un prêt à ma banque locale. Elle me l’a refusé parce que je n’avais pas d’économies et que j’avais plusieurs cartes de crédit, dont certaines étaient utilisées au maximum. Peu après, je suis tombé sur une annonce en ligne publiée par une compagnie offrant des prêts aux jeunes entreprises ou aux entreprises en démarrage. J’ai aussitôt soumis une demande de prêt à cette compagnie.

Quelques jours plus tard, je recevais de cette même compagnie une lettre m’informant que j’étais un emprunteur idéal avec de bonnes perspectives d’avenir et que j’obtiendrais un prêt. Mais avant de toucher l’argent du prêt, je devais d’abord envoyer deux chèques au montant de 750 $ chacun afin de prouver que j’étais un emprunteur sérieux et que je ferais mes paiements régulièrement. Cela me semblait tout à fait légitime et m’a incité à penser que la compagnie cherchait simplement à assurer sa sécurité financière ainsi que la mienne.

J’ai donc envoyé le premier chèque, et j’ai reçu un accusé de réception de la compagnie visant à m’informer que les fonds seraient transférés dans mon compte dès que le deuxième chèque serait encaissé. J’ai envoyé le deuxième chèque peu après et j’ai attendu patiemment de recevoir mon prêt, mais en vain.

Deux semaines plus tard, j’ai téléphoné à la compagnie, mais le numéro avait été débranché. J’ai essayé maintes et maintes fois, sans succès. J’ai envoyé par la poste plusieurs lettres à la compagnie qui me sont toutes revenues avec la mention « retour à l’expéditeur ».

J’ai été à la police, mais elle n’y pouvait pas grand-chose. On m’a dit qu’il s’agissait de toute évidence d’une escroquerie et que j’étais la cible type. J’ai dû cacher cela à ma famille, puisque j’avais la certitude qu’elle me tournerait en ridicule pour avoir été si crédule. J’ai communiqué avec ma banque et j’ai dû fermer mes comptes, transférer mes cartes de crédit et faire bien des démarches pour m’assurer que, peu importe qui avait encaissé mes chèques, je ne me ferais pas voler davantage.

Je souhaitais simplement me faire un revenu d’appoint, vivre un peu plus à l’aise et commencer à réaliser mes aspirations. Tout ce que j’ai obtenu en échange, ce sont des rêves brisés, une perte de 1 500 $ et un sentiment d’humiliation tenace.